Essai de blog

L'eau comme être

La pluie lave tout même les infortunes

Ca fait un moment que j’ai rien posté ici dis donc, pourtant j’avais commencé à écrire un truc sur mon replay de Talos Principle et sur mon point de vue sur la conscience, mais j’ai été stoppé d’un coup parcr que je n’arrivais plus à écrire. J’ai rouvert “Le Roi Aveugle”, et pareil, impossible d’écrire, y’a rien qui vient. J’aime ce que j’ai écrit, j’ai l’idée, la trame, je sais où aller, mais je suis juste vidée. Kaput. Rien. Aujourd’hui, dans un élan de courage matinal, j’ai réussi à avancer sur une scène de Radbatem, mais subitement, pus rien. Un énorme mur de blocage, et une grande question : a quoi bon ? A quoi bon perdre du temps à écrire un scénario qui n’intéressera personne et que j’ai rendu malgré moi beaucoup trop personnel et que je dois de fait ranger sur une jolie petite étagère, comme plein d’autres projets. J’ai envie de reprendre “L’Esprit Punk”, mais je suis tellement vidée, je sais que c’est même pas la peine. Je suis dans un cercle vicieux, encore et toujours. Le manuel borderline me l’a décrit, donc maintenant je le visualise mieux, sauf que je vois pas vraiment comment m’en sortir : quand j’ai pas la force, j’ai juste pas la force. Finir mon mémoire a été une putain d’épreuve, au point où j’ai ignoré un commentaire de mon directeur parce que clairement j’avais pas le courage de tout refaire, et je compte clairement jouer cartes sur table en expliquant que c’était soit je finissais mon mémoire, soit je ne le rendais jamais et je restais bloquée sur ça pour encore trois mois. Je me sens seule, vide, sans objectifs, sans rien, sans raison, C’est pas la première fois, ça sera pas la dernière, mais c’est toujours dur à traverser.
J’ai dit à Clémence que pour l’instant le seul truc que j’avais à faire c’était de traverser les vagues, et au fond c’est un truc que j’ai toujours aimé faire. J’adorais quand j’étais gosse, pendant mes vacances avec mes grands-parents, me jeter dans les vagues et me laisser porter par elles. Une fois, j’étais avec mon beau-père, et une immense vague est arrivée sur nous, m’a juste tabassée et écrasée sur le sable sans qu’il puisse rien faire. Le sable ça fait mal à cette vitesse. Une autre fois, on était posés avec ma famille au bord de l’eau, et puis l’eau a commencé à monter si vite que nos affaires ont été trempées. Une autre fois, je me suis retrouvée sans m’en rendre compte sur un ilôt crée par la marée, au point où mon grand-père a dû crier après moi pour que je revienne vite au bord. Je me suis déjà retrouvée éloignée avec ma famille à cause de la marée au point où les sauveteurs ont dit venir nous chercher, et une autre fois j’ai dû ramener une ancienne amie à la nage une amie sur sa bouée parce qu’elle s’éloignait sans savoir revenir. J’ai eu les pieds dans l’eau tellement de fois, mon chien m’a sauté sur le dos et m’a arraché la peau avec ses griffes, elle me manque, et une autre fois chaque soir on allait voir la mer après dîner, en prenant de belles photos. Le dernier été avec ma grand-mère, il y a eu une grosse averse, et notre chambre d’hôtel donnait pile sur un courant d’eau où les gens avaient l’habitude de se garer, et j’ai observé les voitures se faire emporter par la marée boueuse. Je connais le danger de l’eau, mais je connais aussi sa beauté. Une vague est belle au loin, elle rassure de près, elle frappe lorsqu’on la rencontre, mais jamais on l’oublie. J’adore l’eau. J’ai peur du feu, mais je suis un peu attirée par lui, j’ai écrit des poèmes sur lui, mais l’eau, l’eau putain. Si je pouvais me réincarner en quelque chose je voudrai être une goutte d’eau océan : plongée dans un grand tout, indifférente aux autres, et pourtant moi-même. Un jour, au milieu d’un calme plat, un autre au sommet d’une vague tempétueuse. En Master Ardus, j’avais écrit un texte hommage aux Bérus, et j’avais mis “La pluie” comme texte fil rouge, je l’adore il me touche. J’adore tellement que, sans que je l’avais prévu, dès que j’ai commencé à lire le texte en classe, j’ai eu des larmes aux yeux. J’aime l’eau et le punk, parce qu’au fond c’est un peu la même chose. C’est malléable, ça te frappe à la gueule, tu peux te poser pour l’écouter et l’admirer, si tu fais pas attention tu te noies dedans. Le punk c’est de l’eau de feu. Je reviens au punk, encore, toujours, c’est la seule chose que j’ai de sincère. J’ai le syndrome de l’impunkster (cc Bones) comme tout le monde, mais malgré ça je sais avec certitude que j’avais le punk m’abandonnera. Je pourrai devenir la plus grosse merde humaine que y’aura toujours des punks pour me soutenir.
J’ai la tête qui tourne au moment d’écrire ces lignes, je sais pas pourquoi. Je suis un peu en transe, j’avais besoin d’écrire mais y’a rien qui venait, j’arrivais pas à écrire d’histoire, et j’ai pas la force d’écrire autre chose, mais tout ça, ça sort d’un coup. Un flot ininterrompu de paroles de pensées tout ça. C’est beau, un peu de poésie dans une vide un peu morne. Ca me fait du bien d’écrire, mais ça me vide aussi d’écrire des histoires. Ma passion, ma vraie, celle que je kiffe, c’est pas tant écrire des romans ou quoi, c’est préparer des mondes, des univers, c’est raconter comment raconter une histoire. C’est pour ça que j’adore les JDR et être MJ. J’écris une histoire à trous, je prépare les PNJS, une trame à peu près générale en sachant que y’a de grandes chances qu’elle soit pas respectée, et je découvre au fur et à mesure l’histoire que les joueurs me font. J’adore ça, et je peux pas mettre plus l’emphase là-dessus : j’adore ça, j’aime ça de tout mon être. Même les parties qui se passent pas super bien, où je suis un peu déçue, putain c’est quand même le pied. J’ai retrouvé la fiche perso de Clarence, PNJ qui est mort littéralement au premier niveau d’un donjon et qui m’a compklètement perdu dans mon récit, mais c’était marrant quand même. Je surkiffe le JdR. C’est comme l’eau, on s’y perd un peu, on peut nager à contre-courant, parfois on a une vague qui vient nous ramerner à la réalité et on boit souvent la tasse, mais putain qu’est-ce que c’est agréable de juste se baigner. Dans une piscine, tu avais l’air si détendue à flotter, sans aucun souci aux alentours. J’ai tellement aimé ce moment, je l’aime encore tellement, c’était un moment suspendu. Tout est un peu de l’eau au final, c’est comme l’art, on dit un peu ce qu’on veut, rien n’a de sens donc tout en a, il suffit de le dire. Ce qui ressemble el moins à de l’eau, au fond, c’est l’eau même.

Je ne sais pas quoi écrire alors que c’est l’une des rares choses que je pourrai faire tous les jours. Peut-être je suis faite pour ça, mais alors dans ce cas là que quelqu’un vienne me le dire et me propose un marché pour me donner un but pour écrire, parce qu’écrire pour écrire, c’est pas comme nager pour nager. Quand je nage, je me sens libre, je sens mon corps, je sens tout, je me sens en union avec la nature. Quand j’écris, je sens juste que je lutte contre elle pour donner vie à quelque chose qui n’était pas. C’est beau, oui, mais c’est dur. Surtout quand on n’a pas l’énergie pour.
J’aime bien le feu, c’est peut-être pour ça que j’ai écrit “Ce que je veux”.
J’aime bien l’eau, c’est peut-être pour ça que je fixe ma baignoire avec peur.

https://www.youtube.com/watch?v=EOeA5I2NBG8

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